ALICE ROBBERECHTS (Unilever): "Le recrutement sur les campus est le plus important"
"Nous collaborons de façon très active avec les associations étudiantes. Nous plaçons des publicités dans leurs journaux, nous sponsorisons leurs fêtes. Le plus important étant notre présence lors des recrutements sur les campus qu'ils organisent.
Le contact personnel est en effet essentiel." Alice Robberechts, recruitment manager chez Unilever, une multinationale en ‘produits de consommation en rotation rapide', affirme que son entreprise veut avant tout dégager de la vitalité.
Si on devait énumérer tous les produits que vend et produit Unilever, cela nous prendrait certainement les deux pages consacrées à cette interview. Cela va des produits d'entretien ( Coral, Sun, Cif) aux produits de soin (Dove, Axe, Sunsilk), en passant par l'alimentation ( Iglo, Knorr, Ola, Bertolli) et les boissons ( Lipton). L'entreprise est à la tête d'un chiffre d'affaires de 40 milliards d'euros, ¾ de milliards réalisés en Belgique. Cela fait maintenant quelques années que cette entreprise se veut un exemple de 'vitalité'. Le logo a été transformé et le style de la maison a subi un véritable ravalement de façade. La responsabilité sociale est une de leurs priorités: respect de l'environnement, diversité culturelle… Pour une entreprise qui s'occupe de produits d'alimentation, l'attention est naturellement aussi attirée sur une saine alimentation et le combat contre l'obésité. En Belgique, 1100 personnes travaillent pour Unilever. Excepté l'usine Lipton et les Morasnacks, il n'y a aucune production propre en Belgique, l'entreprise est donc majoritairement orientée vers le marketing et la vente.
L'année dernière, 14 ‘ trainees’ (des universitaires fraîchement diplômés) ont été engagés, la moitié d'entre eux sont des économistes et l'autre moitié vient d'une autre branche avec une formation supplémentaire en économie.
En plus de cela, sept personnes jouissant d'une expérience de quelques années, appelés les first bouncers, ont également été engagés. Les non-universitaires sont principalement engagés en tant que représentant, conseiller culinaire pour le département ‘ Foodsolutions’… Unilever Foodsolutions est le département d'Unilever spécialisé dans la vente et le soutien de concepts et de solutions pour les chefs professionnels.
Bien que le nombre d'embauches ne soit pas si élevé, Unilever accorde pourtant de l'argent et du temps au recrutement. Robberechts voit cela d'un autre œil: "Il faut arriver à atteindre le groupe-cible avec des annonces personnelles, mais le contact reste primordial. Il n'y a pas que la quantité qui compte, mais aussi la qualité. Les étudiants sont informés de l'endroit en question et peuvent ainsi ressentir notre culture d'entreprise." Chez Unilever, le recrutement et la sélection se déroulent chacun de leur côté. Le premier tour de la sélection se base sur le CV, ensuite a lieu un entretien et éventuellement un ‘ assessment’. Les jeunes diplômés ainsi engagés commencent alors un traineeship de trois ans, au sein du département marketing ou sales (pour la plupart d'entre eux). En plus d'une formation spécifique durant quelques semaines par an, un coach personnel maintient l'employé sur les bons rails pendant ces trois années. Car dès le début, le trainee reçoit des responsabilités. Tous les six mois a lieu une évaluation et sur base de ses compétences et de ses prestations, on examine comment le stagiaire peut évoluer dans l'entreprise.
Chez Unilever, il est possible de partir à l'étranger, mais le plus souvent, un certain nombre d'années d'expérience est requis à cet effet. Mais tout le monde entretient très vite des contacts avec des collègues à l'étranger, assiste à des meetings et à des trainings internationaux. Unilever est une entreprise internationale. Le lancement d'un produit et la campagne qui l'accompagne sont toujours imaginés à l'échelle mondiale. Les spots de publicité sont en principe identiques dans tous les pays. Des adaptations nationales sont cependant toujours possibles. Le goût d'un produit est par exemple adapté aux habitudes locales. Soit on vend de plus petits tubes de shampooing dans les pays pauvres vu que les gens ne possèdent pas assez d'argent pour se constituer des réserves plus importantes.
Aussi bien les stagiaires en marketing qu'en vente doivent directement se mettre au boulot. Ils doivent faire connaissance par eux-mêmes du fonctionnement de notre logistique, de la façon de traiter avec les clients, de la façon de présenter les produits Unilever dans les supermarchés et les magasins ("rayonnage")… Après un an et demi, un trainee devient ‘junior manager’ si ses prestations et son évaluation sont acceptables et après trois ans, il devient ‘manager’. Une fois ce cap franchi, on supervise encore leur carrière par des évaluations annuelles. "La carrière évolue en grande partie selon les propres désirs des employés. Veux-tu évoluer dans ton propre domaine ou veux-tu explorer d'autres domaines? Cela peut être discuté avec le manager responsable."
Un bon équilibre entre les hommes et les femmes
Ce n'est pas parce qu'Unilever vend des biens de consommation qu'ils ne sont intéressés que par des employées féminines. "Cela ne joue aucun rôle lors de l'embauche. Nous essayons de respecter un bon équilibre entre les hommes et les femmes, comme nous essayons de maintenir un équilibre entre les Francophones et les Néerlandophones. Il n'y a ici aucune discrimination positive, juste une diversité très saine." Puisque Unilever Belgium est principalement axé sur le marketing et la vente, ce sont surtout des diplômés avec un profil économique qu'ils recherchent. Des études en économie ou en commerce de type long, mais aussi des diplômés d'autres facultés avec une formation supplémentaire en économie. En plus de cela, d' autres diplômes sont requis pour des fonctions en Finance et en IT. Le diplôme est la carte d'entrée nécessaire pour entrer chez Unilever. Les points et les grades jouent un rôle mineur contrairement à la personnalité: créativité, dynamisme, indépendance, esprit d'équipe, ouverture d'esprit et sociabilité. En ce qui concerne les langues, en plus d'une connaissance parfaite de la langue maternelle, une connaissance acceptable de l'autre langue nationale et de l'Anglais est requise.
Les jeunes ne recherchent plus un job pour toute leur vie
"Par le passé, les gens postulaient en pensant rester tout au long de leur vie dans une seule et même entreprise. Désormais, les jeunes diplômés optent pour une culture d'entreprise qui leur convient. Ils s'engagent, veulent exécuter du travail de qualité, mais en même temps, ils veulent augmenter leur potentiel et faire des tas d'expériences. Leur premier job n'est certainement pas celui du reste de leur vie. Après une certaine période, ils commencent en effet à chercher d'autres alternatives. C'est alors qu'ils choisissent de rester ou pas. Unilever accepte ce genre de choses, par respect pour l'employé. Bien qu'on a du mal à se séparer des bons employés, bien sûr."
2560 euros brut par mois
Les universitaires qui commencent comme trainee chez Unilever reçoivent un salaire brut de 2560 euros par mois. En plus de cela, on trouve également les assurances extralégales, l'abonnement au train, un GSM et un véhicule de société si besoin est. Unilever accorde également beaucoup d'attention à la combinaison travail-famille: un restaurant d'entreprise, un pressing, un petit magasin, un distributeur automatique de pains… Et que doit fournir l'employé en contrepartie? Travailler dur, mais les heures supplémentaires ne sont pas nécessaires. "Nous commençons entre 8h30 et 9h30 et on travaille jusqu'à 17-19 heures. Il y a beaucoup de libertés accordées à l'employé afin d'organiser son travail. C'est à lui de voir comment appréhender un nouveau projet."
(DDW)