Image
16/10/2006

DOUBLE CARRIÈRE: Un nerd à l'Armée

Luc Van Overbeke a 27 ans. Après des études en Technologie Multimédia et des Communications, il a trouvé un emploi de desktop publisher dans une agence de publicité. "Je n'y travaille plus," nous explique-t-il d'emblée.

"J'étais en effet davantage attiré par les nouveaux médias. J'espérais trouver une entreprise active dans les applications multimédia, comme les sites web, la 3D, les films… J'ai en parti réalisé ce rêve vu que je travaille actuellement dans une entreprise de communication à Gand. Je m'occupe de mettre en page des publicités à imprimer ou du matériel photo pour des sites web. Ce qui constitue autant de la prepress que du multimédia. En pratique, cela revient à dire que j'utilise quotidiennement des logiciels graphiques tels que Photoshop, Illustrator et consorts. Je fais en sorte que le matériel soit prêt pour être imprimé ou corrigé selon les applications Internet."

Sept jours de service par an

L'été dernier, Luc a surpris ses collègues en leur annonçant qu'il s'était inscrit dans la réserve de l'armée. Il nous explique ce que cette décision inattendue implique: "Un réserviste est quelqu'un qui va à l'armée sans pour autant abandonner son métier. Il combine donc sa vie civile avec une vie de militaire." Un civil qui travaille donc à l'armée? "Non," nous explique Luc, "ce n'est pas correct. Un civil qui travaille à l'armée voit celle-ci comme un employeur fulltime. Tandis que quelqu'un qui veut être candidat officier de réserve ne doit prester que sept jours par an à l'armée afin d'être considéré comme étant un réserviste actif. Ces jours peuvent normalement être choisis par nos soins, mais peuvent être également demandés selon leurs besoins. L'armée te demande alors s'il est possible de venir un jour où ils ont réellement besoin de toi. Tu as cependant toujours le droit de refuser."

Deux semaines de formation

Est-ce que cette obsession du kaki est nouvelle pour Luc? "Cela fait longtemps que j'y pense. Par le passé, j'ai même voulu travailler à la Défense, mais cela ne s'est jamais fait. Je n'avais pas envie de laisser tomber un job pour y aller. Je n'avais pas la moindre idée du fonctionnement de l'armée et si j'étais fait pour ça. Je ne suis pas habitué à prendre des décisions irréfléchies. Je me suis donc porté candidat, j'ai été ensuite testé (QI et QE), subi une visite médicale et passé l'épreuve physique. Ce n'est qu'ensuite qu'intervient l'entretien d'embauche. Une fois accepté, il faut suivre huit semaines de formation, étalées sur une période de deux ans. Pour ma part, j'ai déjà effectué les deux premières semaines. Honnêtement, je m'imaginais cela plus difficile, avec plus de cris et de hurlements. Peut-être les instructeurs étaient-ils relativement doux vu qu'ils étaient "seulement" responsables des réservistes, je ne sais pas. J'espère que non, mais je le crains. Car la discipline ne peut faire que du bien. L'armée est le meilleur moyen de se forger un caractère, d'acquérir une certaine dureté."

Les plaisanteries des collègues

Comment ont réagi les collègues de Luc quand ils ont appris qu'ils avaient un militaire à temps partiel dans leur équipe? "J'ai subi pas mal de plaisanteries, évidemment," sourit Luc. "Ça va, je n'ai pas eu trop de mal à m'y faire. Le plus dur étant de répondre à la question: pourquoi?" On aimerait pourtant avoir une réponse à cette question, Luc. "Il y a tellement de choses qu'on peut faire sans réellement savoir pourquoi. Je ne saurais pas mieux l'expliquer qu'en disant que cela a toujours été en moi. Je suis maintenant en train de faire ce que j'ai toujours voulu faire. Cela a-t-il un quelconque rapport avec le patriotisme? Je n'en sais rien. Je ne chante pas chaque jour l'hymne national, bien que je doive maintenant le connaître par cœur! (rires) Attention, je suis fier d'être belge, je suis fier de mon pays et j'ai été très déçu d'apprendre la suppression du service militaire. Quand on regarde autour de soi et que l'on voit des jeunes qui n'ont absolument reçu aucune discipline de leurs parents, je pense alors qu'une bonne part de l'éducation a foutu le camp avec la disparition du service militaire. Quand on voit ce qu'il se passe actuellement, certaines situations auraient certainement pu être évitées avec un peu de discipline militaire."

Interaction entre les citoyens et les militaires

Est-ce facile de combiner ces activités militaires avec un job à temps plein? "Pour suivre ma formation, j'ai du prendre des congés non payés," nous explique Luc. "La combinaison est possible. Tant que mon employeur n'y voit pas d'inconvénient, je n'y vois pas non plus d'inconvénient. On peut comparer un réserviste à un intérimaire, qui est employé pour une période limitée. Un réserviste peut prendre la place d'un employé en vacances, et vu que les réservistes ont choisi eux-mêmes d'aller dans la réserve, ils sont motivés par définition. En fait, tu offres une partie de tes temps libres à l'armée. En plus, cela va plus loin que la satisfaction de besoins de travail. La réserve est vue comme une sorte d'ambassadeur. C'est par notre entremise que les citoyens sont mis au courant des occupations de l'armée, et inversement." Ah, les réservistes sont donc des sortes d'espions de l'armée qui se mélangent incognito parmi les innocents citoyens? Luc rit. "Non, c'est une interaction constante qui contente tout le monde. Par exemple, si j'apprends quelque chose dans mon métier, cela peut ensuite porter ses fruits à l'armée. Et les connaissances que j'acquiers à l'armée pourront aussi peut-être un jour me servir dans mon boulot. Ce n'est donc pas de l'espionnage, mais un sain échange de connaissances. Si j'observe une bonne manière de travailler à la Défense, je pourrais très bien en avertir mon patron afin de mettre en place ce système au boulot. Le contraire est également possible: si une certaine procédure me semble trop lourde à l'armée, je ne vois pas de problème à leur proposer une autre manière de travailler que j'aurais expérimenté au sein de mon entreprise. Le but de l'armée est de faire usage de mes compétences dans la vie civile. Dans mon cas, il est possible que je commence dans le département communication. C'est nouveau depuis cette année. En effet, auparavant, on voulait être réservistes pour faire quelque chose qui ne ressemblait en aucun cas à nos occupations quotidiennes. Ou parce que nous avions la nostalgie du service militaire. Aujourd'hui, on regarde tes compétences et ton diplômes. Et on en fera un usage des plus sensés. Eh oui, l'armée est devenue une vraie entreprise…"

Pour conclure, nous aimerions savoir comment se profile l'avenir de Luc: en tant que citoyen ou militaire? "Ou les deux? Je ne saurais encore le dire, je n'ai encore que deux semaines de formation derrière moi. Mais, je n'exclus aucune possibilité." Ainsi va la vie pour les titulaires d'une double carrière.

(HDP)


250 étudiants bruxellois réunis autour de l'entrepreneuriat

À l'heure actuelle, l'entrepreneuriat a toujours la cote auprès des étudiants qui lancent même [...]

Comment rebondir après un mauvais choix de premier emploi?

Tu t'es récemment lancé sur le marché de l'emploi et après quelques mois dans ton nouveau job, [...]

  • Slider

Topmovies

SOCIAL

Jobs in the picture




 

 

GUIDO SA est l'entreprise média de niche numéro 1 en Belgique vers le groupe-cible des jeunes (les étudiants en particulier), les écoliers et les young starters.

Bruiloftstraat 127, 9050 Gentbrugge
Tel.: +32 (0) 9 210 74 84