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21/10/2009

La double vie d'un prof pompier volontaire

Non content de passer ses journées à faire suer ses élèves dans des cours de gym à Marche, Serge Pigeon a décidé il y a dix ans de devenir pompier volontaire à Rochefort en parallèle de sa carrière dans l'enseignement. On revient avec lui sur cette double vie particulière.


GUIDO: Qu'est-ce qui vous a motivé à devenir pompier volontaire?
Serge: Je suis devenu pompier volontaire sur le tard, à 39 ans. C'est lors de sports d'hiver avec mes élèves que j'ai appris à connaître le métier de pompier. Ayant souvent été confronté à de petits problèmes de casse sur place, j'ai pu alors voir les services d'urgence en œuvre, ce qui m'a immédiatement intéressé.
 
GUIDO: Comment passe-t-on alors de cet intérêt à une réelle implication?
Serge: En rentrant, je me suis documenté sur la profession. Malheureusement, j'avais dépassé la limite d'âge, il fallait être incorporé avant 36 ans. Pourtant, l'âge n'était pas repris dans l'appel à candidatures. J'ai donc tenté ma chance et cela m'a réussi.
 
GUIDO: Comment s'est déroulée la procédure de sélection?
Serge: En premier lieu, il faut passer un examen médical. Qui donne ensuite le droit de passer des tests physiques, dont deux épreuves sont éliminatoires (le grimper à l'échelle et l'équilibre). Les autres épreuves sont le 100 mètres, un saut en longueur sans élan, un saut en hauteur, …
 
GUIDO: Toutes des épreuves qui ne devaient certainement pas faire peur à un prof de gym!
Serge: Evidemment, je n'ai pas rencontré de gros problèmes à les réussir. Maintenant, je les fais même passer pour les autres!
 
Le même boulot qu'un pompier professionnel
 
GUIDO: Comment arrivez-vous à combiner ces deux "métiers"?
Serge: J'ai demandé à la direction de mon école de me laisser le mercredi matin de congé, ce qui me permet d'être présent à la caserne ce jour-là. Comme aujourd'hui où je suis de sortie ambulance, un poste qui me plaît beaucoup. Je m'occupe également de tout le matériel ambulance, en faisant des inventaires ou en rachetant le matériel nécessaire.
 
GUIDO: N'y a-t-il jamais de conflit entre les deux aspects de votre vie professionnelle?
Serge: Il n'y pas de conflit. En plus, mon travail de prof d'éducation physique et de pompier se recoupent totalement. Il m'arrive en effet de parler d'hygiène, de sécurité ou de gestes de premiers soins durant mes cours.
 
GUIDO: Quelles sont les différences entre les pompiers volontaires et les pompiers professionnels?
Serge: La formation est exactement la même. Le boulot aussi. Quand on est appelé pour une désincarcération ou un feu de cheminée, par exemple, on exécute exactement les mêmes tâches. Ce qui change, c'est la disponibilité totale des pompiers professionnels qui travaillent soit par tranches de 24 heures, de 12 heures ou un horaire plus commun. Pour les volontaires, c'est différent étant donné que nous avons un métier, c'est donc plutôt la nuit ou le week-end qu'on est amené à travailler, lors de nos gardes. J'ai aussi la chance de ne pas avoir de corrections. En dehors de mes heures de cours, je suis donc plus libre que mes autres collègues enseignants.
 
GUIDO: La fatigue ne vous joue-t-elle pas parfois des tours?
Serge: Si j'étais un prof d'éducation physique qui a le bout des doigts qui sent à force d'avoir les bras croisés, mon métier serait nettement moins fatigant! Ce n'est pas le cas; j'ai des sections fortes en sport et j'essaie de les motiver au mieux. En plus de cela, je peux très bien me payer deux sorties pendant la nuit en tant que pompier. On ne sait alors pas se rendormir, du fait de l'heure tardive ou de la violence de ce à quoi on a assisté.
 
GUIDO: Justement, n'y a-t-il pas parfois du stress de ne pas savoir ce que l'on va trouver sur le lieu d'une intervention?
Serge: Evidemment. Cependant, si on aime tant faire ce métier de pompier, c'est qu'on accepte ce stress. Quand ça bipe, on ne sait pas toujours vers quoi on se dirige: bébé, enfant, femme enceinte, personne âgée, problème cardiaque, accident de voiture, … Personnellement, c'est la partie ambulance que je préfère car l'aide aux personnes est quelque chose que j'apprécie particulièrement. On pose des gestes et on est surtout rassurant auprès de la personne blessée.
 
Les yeux qui brillent
 
GUIDO: Comment motiveriez-vous quelqu'un à devenir pompier?
Serge: Je pense que le principal, c'est de montrer son enthousiasme. Quand je parle de mon métier de pompier à mes élèves, ils voient mes yeux qui brillent et l'émotion qui se dégage de mes paroles. C'est peut-être grâce à cela que certains de mes anciens élèves sont maintenant devenus pompiers, qui sait!
 
GUIDO: Et quelles sont les principales qualités, autant physiques que mentales, à avoir pour être un bon pompier?
Serge: Je pense qu'il faut surtout pouvoir rester calme en toutes circonstances. Etre à l'écoute des gens et ne pas les juger trop vite. Il faut savoir gérer son stress, ce qui n'est pas toujours facile. Il y a tout un protocole à respecter et il faut essayer de se driller à ça. Enfin, il y a autant de styles qu'il y a de pompiers, chacun donc a ses propres qualités.
 
GUIDO: Au fil de vos réponses, on a bien compris votre passion pour le métier de pompier. Cependant, si vous aviez un petit bémol à émettre, quel serait celui-ci?
Serge: Il concerne l'aspect financier des choses. Comme les autres employés, les pompiers professionnels ont un statut bien déterminé et un salaire bien défini. Une réforme est pour le moment en cours pour donner un statut de professionnel à temps partiel aux pompiers volontaires. Ce qui, pour moi, est une bonne chose. Pour le moment, nous sommes payés par intervention ou par garde. Nous avons donc un salaire très variable chaque mois, selon les sorties effectuées. En plus, nous sommes imposés sur nos revenus, ce qui n'est pas normal selon moi. On est exonéré sur une partie de nos revenus et non sur la totalité. Ce qui fait que les volontaires ont parfois des motivations différentes des professionnels. J'espère donc que cette injustice sera réglée par la réforme à venir.
 
GUIDO: L'âge-limite des pompiers est fixé à 60 ans, pensez-vous déjà à ce moment, à une future reconversion?
Serge: Je n'en sais rien, je verrai bien le moment venu. Comme toute pension, ça se prépare. Peut-être mettrai-je alors d'autres choses en place pour continuer à être au service des autres.
 

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