Une haie à tailler? Du baby-sitting à proposer? Un kot à nettoyer? La solution en LISTMINUT!
Tu veux proposer tes services en tant que baby-sitter à un maximum de personnes de ta région? Tu as besoin de quelqu'un pour nettoyer ton commu après une soirée arrosée? Tu espères gagner un peu d'argent en tondant les pelouses ou en taillant les haies des jardins des alentours? Le site ListMinut est alors fait pour toi.
Lancé il y a un an par quatre jeunes entrepreneurs tout juste sortis de l'université, ListMinut (www.listminut.com) permet de mettre en relation des personnes d'un même environnement géographique afin de leur proposer des services de la vie quotidienne (jardinage, nettoyage, baby-sitting, …). Sur base des demandes des utilisateurs qui fixent eux-mêmes leur prix. Jonathan Schockaert (23 ans), l'un des créateurs du site, nous en dit davantage sur cette idée toute simple mais tellement pratique.
GUIDO: A quelle époque l'idée de ListMinut a-t-elle germé dans votre esprit?
Jonathan Schockaert: On a commencé à développer cette idée dans le cadre de notre mémoire de master en création d'entreprise (voir encadré). On était parmi les derniers à ne pas avoir de projet, on voulait un projet qui nous plaise à fond à tous les quatre. Alors aux Etats-Unis, notre informaticien est tombé sur une success-story américaine. On s'est donc inspiré de ce concept. Grâce aux différents concours auxquels on a participé, on a pu profiter de nombreux retours du monde professionnel. On s'est alors dit qu'il y avait quelque chose à faire et qu'il fallait se lancer.
Entraide et économie collaborative
GUIDO: Dans cette époque de crise, un tel service ne peut être qu'un succès. Penses-tu que ce concept aurait pu voir le jour dans les années quatre-vingt par exemple?
Jonathan Schockaert: C'est clair qu'on est bien tombé. Notre site permet en effet de faire réaliser des services au prix que l'on veut, pour un montant donc nettement moins élevé que celui demandé par des professionnels. De plus en plus d'initiatives vont d'ailleurs dans le même sens actuellement. L'économie collaborative, l'entraide entre les personnes (outre le service rémunéré), c'est quelque chose qui nous intéresse fortement et qui se développe de plus en plus dans notre société.
GUIDO: Quelles sont les offres les plus répandues sur le site?
Jonathan Schockaert: On a surtout des offres de baby-sitting et de jardinage. Mais aussi du gardiennage d'animaux: sortir le chien ou nourrir le chat. Sans oublier les demandes plus farfelues, comme cette personne qui a demandé de réaliser son costume d'Halloween ou quelqu'un qui n'avait pas le courage de coller ses six-cent photos dans un album.
GUIDO: Comment connaître la qualité d'un prestataire, existe-t-il un système de notes sur votre site?
Jonathan Schockaert: Exactement comme sur eBay, il existe sur ListMinut un système d'évaluation, sur base d'étoiles, en plus de commentaires laissés par les utilisateurs.
GUIDO: On suppose qu'il y a beaucoup d'étudiants qui surfent sur le site pour gagner un peu d'argent sur le côté…
Jonathan Schockaert: Les prestataires sont en effet majoritairement des étudiants. C'était clairement notre volonté de toucher les étudiants, notamment via une campagne de pub sur les campus. Les étudiants les plus débrouillards savent tondre les pelouses, bricoler ou même aider à porter des objets lourds pour d'autres personnes. A côté de cela, de plus en plus de pré-retraités nous ont rejoints, comme cet ancien chef qui propose de venir faire à manger à domicile.
Différents mais complémentaires
GUIDO: Vous avez dû prendre vos dispositions par rapport au travail au noir avant de développer cette plateforme?
Jonathan Schockaert: On travaille avec un avocat spécialisé. On a en effet choisi un domaine qui est plutôt 'touchy' en Belgique, celui du droit social, du travail. On veille donc à être irréprochables là-dessus.
GUIDO: Faire équipe avec ses amis et donc se lancer à plusieurs, un bénéfice inestimable ou une contrainte supplémentaire?
Jonathan Schockaert: Je pense vraiment que je n'y serais jamais arrivé si j'avais été tout seul à lancer ma propre entreprise. On avait déjà collaboré ensemble dans le passé, on savait donc exactement où on mettait les pieds. Pourtant, ça ne reste pas tous les jours facile de travailler ensemble. On a des comportements totalement différents, l'un est plus dans l'imaginaire, le marketing, moi je suis dans les chiffres, le concret, … Ce n'est pas toujours facile de concilier tout ça, mais l'avantage qu'on en retire, c'est notre complémentarité, autant du point de vue de nos compétences que de nos comportements.
GUIDO: Gagner sa vie en lançant une plateforme Internet, c'est possible?
Jonathan Schockaert: Pour le moment, il est impossible de vivre uniquement de ListMinut. On a quasiment tout fait en interne, grâce à nos diverses compétences, ce qui a fortement limité les coûts. C'est aussi un projet qui doit se faire connaître pour fonctionner et on n'a pas toujours les moyens de recourir à la publicité, on fait donc comme on peut. D'un autre côté, c'est quand on est jeune, quand on a le moins de responsabilités, qu'on peut le faire. Je fais encore le 'Tanguy', j'habite chez mes parents, ce qui me permet de me donner à fond sur ce projet. Si on avait dû se payer un salaire, le capital serait parti et on aurait été obligé d'arrêter.
GUIDO: Après Bruxelles et le Brabant Wallon, vous avez maintenant conquis la Wallonie. C'est quoi la suite? La Flandre ou la France?
Jonathan Schockaert: On commence par la Flandre, on est d'ailleurs en train de traduire le site en néerlandais. Ensuite, on verra, il faut vraiment tout analyser, faire des études de marché, il y a énormément de paramètres à prendre en compte…
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Un entrepreneur dans l'âme
Dès le choix de ses études, Jonathan a privilégié la piste de l'entrepreneuriat. Ce n'est donc pas un hasard s'il s'est retrouvé à suivre des études d'ingénieur de gestion à l'UCL (Université Catholique de Louvain). «J'avais toujours eu envie de reprendre une boîte ou de lancer la mienne. Je suis né dans une famille d'entrepreneurs, j'ai donc toujours eu envie de suivre cette voie.» Et pas toujours pour les bonnes raisons: être son propre patron et faire ce que l'on veut par exemple. «Maintenant que je suis entrepreneur, je suis très heureux d'apprendre des choses nouvelles tous les jours, mais je vois aussi le temps que cela prend au quotidien.» Même si cela ne le gêne aucunement de se lever tous les jours à sept heures du matin, lui qui avait du mal à être débout pour les cours à 10h30 lors de ses études universitaires!
A ces études s'est ajouté en master en création d'entreprise, étalé sur deux ans et qui reprend toutes les facultés de l'UCL. Les étudiants sont donc mélangés et on y retrouve des ingénieurs civils, des juristes, des ingénieurs de gestion et même un étudiant en sport! Un mix qui a particulièrement plu à Jonathan: «On travaillait donc au sein de groupes pluridisciplinaires, ce qui nous a appris beaucoup de choses. En effet, on ne travaille pas de la même manière avec un juriste ou un informaticien.»
«Même si je rêvais de devenir entrepreneur, je n'aurais jamais pensé me lancer immédiatement après mes études,» nous confie Jonathan. Pourtant, maintenant qu'il s'est lancé dans le bain de l'entrepreneuriat, il ne voudrait pour rien au monde passer du côté obscur, celui des employés! Force est de constater que sa persévérance a payé, même si ses parents et ses amis ne voyaient pas spécialement d'un bon œil ce besoin d'indépendance alors qu'il venait à peine d'entrer dans l'âge adulte. «Je suis très content de ne pas avoir écouté ceux qui me disaient de commencer par faire mes armes ailleurs et donc d'attendre avant de me lancer. Je leur ai prouvé que c'était possible et j'en suis très fier.»
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