Droits et devoirs des étudiants-stagiaires
Chaque année, des dizaines de milliers d'étudiants, essentiellement d'écoles supérieures, effectuent un stage en entreprise. Il s'agit, pour beaucoup d'entre eux, d'un tout premier contact avec le monde du travail et, de surcroît, dans un domaine qui s'inscrit parfaitement dans le prolongement de leurs études. Le monde de l'entreprise en soi apprécie beaucoup les stagiaires: une main d'œuvre qualifiée et enthousiaste, qui ne coûte pas un euro. Mais quels sont les droits et les devoirs de l'étudiant stagiaire?
Un stagiaire a, à vrai dire, un statut double assez unique: bien qu'il soit toujours étudiant à l'école et soit toujours sous l'autorité de la direction de l'établissement, ce dernier est également assimilé à un 'employé' au sein de l'entreprise dans laquelle il effectue son stage. Assimilé signifie qu'il a les mêmes droits et les mêmes obligations qu'un employé assumant la même fonction que lui ou une fonction de nature identique. À un seul petit détail près, qui fait toute la différence: le stagiaire n'est pas payé.
Une petite anguille vit aujourd'hui sous la roche salariale... En principe, un stagiaire n'est pas rémunéré. Mais, dorénavant, conformément aux nouvelles 'conventions d'immersion professionnelle' (loi-programme du 2 août 2002), dès qu'un stagiaire effectue un stage d'une durée de plus de 60 jours calendrier chez un même employeur maître de stage, ce dernier a droit à une rémunération minimale. Par ailleurs, toutes les dépenses liées au stage vous sont normalement remboursées.
Qui met qui à la porte?
En tant que stagiaire, vous n'êtes lié à aucune convention collective de travail, ni à aucun contrat de travail d'étudiant. Le contrat est passé entre l'école et l'employeur maître de stage. En réalité, c'est assez simple: gardez toujours à l'esprit que vous êtes encore étudiant. Vous êtes malade? Donnez un coup de fil à l'école, c'est elle qui préviendra l'entreprise. Le stage ne convient pas parce que l'on vous confie des tâches absurdes? Bien, il y a d'abord lieu d'établir une liste des activités réalisées dans le cadre du stage, et si votre tâche commence sérieusement à sortir du cadre de cette liste, vous avez le droit de vous plaindre. Mais une fois de plus: seule l'école - parole de maître de stage - peut décider si votre plainte est fondée. En tant que stagiaire, vous n'avez pas la possibilité de décider de déguerpir de votre plein gré parce que vous ne vous plaisez pas. Enfin, c'est possible bien entendu, aussi vrai est-il que vous pouvez en principe brosser les cours dans une école supérieure ou à l'université quand ça vous chante, tout en sachant que votre diplôme vous échappera des mains. Au bout du compte, l'entreprise peut également très bien décider de vous mettre à la porte si rien ne baigne, mais l'employeur maître de stage devra dûment motiver sa décision par écrit. Et pour que tout soit clair: ce n'est jamais celui chez qui vous faites votre stage qui décidera si vous êtes busé; la décision viendra de l'école, après évaluation des rapports de toutes les parties concernées.
Retourne à l'école!
Jours fériés, heures de travail, repos le week-end et pauses de midi: les stagiaires bénéficient des mêmes droits que leurs collègues d'un temps au sein de l'entreprise. Détail croustillant, le règlement de stage prévoit que l'entreprise a l'obligation de vous renvoyer à l'école en cas de grève, de chômage technique ou économique, ou en cas de force majeure. Eh non, vous n'avez pas le droit de faire grève, ni de manifester. Vous êtes renvoyé à l'école avec un billet pour le directeur. Toutefois, comme plus rien ne vous oblige à aller à l'école du fait de votre âge, vous pouvez naturellement vous rendre au café du coin et l'honorer de votre présence.
(SDB)
Infos: www.stagedatabank.be