Zoom sur Aurélien, entrepreneur-photographe à 17 ans
Il arrive que certains étudiants n’attendent pas la fin de leurs études pour se lancer dans l’entrepreneuriat. C'est le cas d'Aurélien Caillou (17 ans), un étudiant qui a débuté une carrière de photographe pendant ses études secondaires.
«Je suis photographe et fondateur de View Portraits, une activité de photographie principalement orientée vers le portrait, les événements et les besoins visuels des entreprises.»
GUIDO: Tu es donc autant photographe qu'entrepreneur?
Aurélien: Je réalise actuellement moi-même les prestations, mais je ne veux pas devenir simplement photographe plus tard. La photographie est mon premier véritable terrain entrepreneurial: elle me permet d’apprendre à vendre, trouver des clients, gérer une activité et construire quelque chose à partir de zéro. À terme, j’aimerais transformer View Portraits en une véritable agence visuelle avec des photographes, vidéastes, pilotes de drone, monteurs, retoucheurs et profils liés au marketing.
GUIDO: Pourquoi avoir voulu développer un tel concept?
Aurélien: Je fais de la photographie depuis environ sept ans. J’ai commencé avec la photographie animalière. La photographie animalière m’a surtout appris la patience. Je pouvais attendre une heure, puis me dire: «encore une heure». Je savais qu’à un moment quelque chose allait finir par arriver. En parallèle, je me suis toujours énormément intéressé à l’entrepreneuriat. Je passe beaucoup de temps à me former par moi-même sur le business, l’acquisition, le marketing, l’intelligence artificielle, les nouvelles technologies et tout ce qui peut m’aider à comprendre comment construire une entreprise. Créer View Portraits était donc assez logique: j’avais déjà une compétence et une passion, j’ai donc décidé de construire une première activité autour de ces deux piliers.
GUIDO: Lancer ton entreprise alors que tu étais encore étudiant, ça te trottait dans la tête depuis longtemps?
Aurélien: Oui, depuis longtemps. Je n’ai jamais vraiment eu le déclic où je me suis dit: «Je pourrais gagner de l’argent avec la photographie.» Dans ma tête, créer des projets et entreprendre était déjà quelque chose que je voulais faire.

GUIDO: Le statut d’étudiant-entrepreneur est-il facile à gérer?
Aurélien: Dans mon cas, c’est particulier parce que j’ai seulement 17 ans. La partie administrative a d’ailleurs été l’un des premiers gros obstacles. À un moment, j’ai réellement eu peur de ne pas pouvoir déclarer correctement l’argent gagné avec mes prestations à cause de mon âge. J’ai finalement découvert Smart, qui me permet de réaliser mes prestations dans un cadre adapté. Cela m’a aussi fait comprendre très rapidement qu’entreprendre ne consiste pas simplement à être bon dans son domaine. Il faut comprendre la facturation, l’administratif, les clients, les contrats, la vente et énormément d’autres choses.
GUIDO: Tu arrives facilement à jongler entre ce projet et tes études?
Aurélien: Non, et c’est probablement l’une des choses les plus compliquées. L’école occupe énormément de temps dans mon planning alors que j’ai beaucoup de projets à développer à côté. Je vais être transparent: aujourd’hui, mes deux grandes priorités personnelles sont mes projets et le sport. Cela veut dire faire des choix. Je continue évidemment à voir mes amis et ma famille et à sortir de temps en temps, mais probablement moins que beaucoup de jeunes de mon âge.
GUIDO: Tes professeurs t’ont-ils épaulé dans la conception de ton projet?
Aurélien: Globalement, non. Je n’ai jamais vraiment eu beaucoup de soutien de la part de mes professeurs concernant mes projets entrepreneuriaux. Il y a cependant une grosse exception: mon professeur de religion de l’année dernière. J’étais à deux doigts de rater mon année et il m’a énormément soutenu. Il croyait en moi, en mes ambitions et dans les projets que je voulais construire. Son soutien m’a particulièrement marqué parce qu’il ne regardait pas uniquement mes difficultés scolaires. Il voyait également ce que je faisais à côté et ce que j’essayais de construire.
GUIDO: Comment as-tu appris les rudiments du métier?
Aurélien: Une grande partie de mon apprentissage s’est faite en autonomie. Internet m’aide énormément. YouTube, les formations, l’intelligence artificielle, les entrepreneurs qui partagent leurs expériences… Aujourd’hui, on peut apprendre énormément de choses lorsqu’on sait ce que l’on cherche.
GUIDO: As-tu rencontré des difficultés à lancer ton concept?
Aurélien: Énormément. L’âge est déjà un obstacle. Beaucoup de mes clients ont deux ou trois fois mon âge et certains sont assez méfiants au début. À moi de montrer par mon travail que je sais ce que je fais. J’ai également connu des problèmes de matériel, des problèmes avec mon site et beaucoup d’erreurs dans ma manière de développer l’activité.
GUIDO: Quelles ont été les différentes étapes nécessaires au lancement de ton concept?
Aurélien: La première étape a été de construire mon savoir-faire et mon portfolio. Ensuite, il a fallu créer tout ce qui transforme progressivement une passion en activité: offres, tarifs, site Internet, réseaux sociaux, cadre administratif, communication et recherche de clients.
GUIDO: Comment vois-tu le futur?
Aurélien: Je le vois beaucoup plus loin que la photographie. J’aime la photo et View Portraits est aujourd’hui mon projet le plus concret. Mais je ne me vois pas être simplement photographe plus tard. À terme, j’aimerais transformer View Portraits en une agence visuelle complète avec des photographes, vidéastes, pilotes de drone, monteurs, retoucheurs et spécialistes du marketing visuel. Mais parallèlement, je travaille déjà sur d’autres projets entrepreneuriaux qui n’ont pas nécessairement de rapport avec la photographie. Ce qui me fait vraiment vibrer, c’est créer. Trouver un problème. Imaginer une solution. Construire un produit ou un service. Trouver des clients. Créer des systèmes. Automatiser. Construire une équipe. Puis recommencer à une échelle plus importante. À long terme, mon ambition est de créer et gérer plusieurs entreprises, résoudre des problèmes concrets, construire des équipes et avoir un impact important.
GUIDO: On dirait que tu sais déjà très bien ce que tu veux!
Aurélien: Mes ambitions sont probablement beaucoup plus grandes que ce que mes résultats actuels pourraient laisser penser. Mais cela ne me dérange absolument pas. J’ai 17 ans. Je n’ai pas besoin d’avoir déjà atteint mes objectifs. J’ai besoin de commencer à construire les compétences qui me permettront de les atteindre. C’est d’ailleurs pour cela que je ne veux pas attendre la fin de mes études pour commencer. Aujourd’hui, j’ai relativement peu de risques, peu de charges et énormément de temps devant moi. C’est maintenant que je peux tester, échouer, recommencer et apprendre. Je préfère faire des erreurs à 17 ans plutôt que commencer à les découvrir dix ans plus tard. Et si mes projets évoluent complètement entre-temps, ce n’est pas grave. Le but n’est pas d’avoir déjà trouvé à 17 ans ce que je ferai toute ma vie. Le but, c’est de commencer…
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