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21/10/2026

LOWPACT: De vrais plats cuisinés à emporter en randonnée

Quand trois anciens étudiants cogitent, ça donne Lowpact, un projet d'entreprise qui a germé pendant leur master commun en entrepreneuriat à l'UCLouvain. Des repas cuisinés, bio et déshydratés spécialement destinés aux randonneurs et trekkeurs. On essaie d'en savoir plus avec Victor de Bueger qui a créé l'entreprise avec ses amis Alfred Zuijderhoff et Martin Hermans.


GUIDO: Comment est née l'idée de développer Lowpact?
Victor
: L’idée a germé pendant notre master INEO à l’UCLouvain. Ce master a une particularité: on y construit un véritable projet d’entreprise tout au long de l’année. C’est dans ce cadre que nous nous sommes retrouvés tous les trois autour de ce qui allait devenir Lowpact. De mon côté, j’ai toujours nourri une double passion pour l’aventure en pleine nature et pour la cuisine. Or, dès qu’on part plusieurs jours en autonomie, le constat est vite fait: les repas disponibles sont souvent très industriels, chargés en additifs et rarement à la hauteur sur le plan gustatif. Nous étions convaincus qu’il y avait mieux à faire, qu’on pouvait emporter de vrais plats cuisinés, bio et locaux, au fond de son sac. Lowpact est né de cette conviction.

«En trek, la nourriture doit être légère, compacte et se conserver longtemps»

GUIDO: Pourquoi ce choix d'un projet axé sur les aliments déshydratés?
Victor
: Chez Lowpact, nous ne lyophilisons pas, nous déshydratons. En randonnée ou en trek, la nourriture doit être légère, compacte et se conserver longtemps sans réfrigération. La déshydratation coche toutes ces cases. Nous l’avons préférée à la lyophilisation parce qu’elle nous permet d’obtenir les résultats désirés, avec une conservation à long terme et qui était beaucoup moins énergivore que la lyophilisation qui dépense énormément d’énergie.

GUIDO: Comment résumerais-tu le concept de Lowpact en quelques mots?
Victor
: De vrais plats cuisinés, bio et locaux, déshydratés pour permettre à chacun de bien manger en aventure, tout en laissant la plus petite empreinte possible. Un peu d’eau chaude dans le sachet, quelques minutes de patience, et le repas est prêt. Notre gamme compte aujourd’hui 9 recettes: 6 plats salés ainsi que 3 porridges pour démarrer la journée du bon pied.

GUIDO: Comment avez-vous réussi à trouver un compromis entre la déshydratation et le goût?
Victor
: C’est véritablement le cœur de notre métier. Notre philosophie tient en une phrase: cuisiner d’abord, déshydrater ensuite. Chaque recette est élaborée comme un plat à part entière, à partir d’ingrédients de qualité, puis délicatement séchée. C’est ce qui nous permet de préserver les saveurs et d’obtenir une texture fidèle à celle d’un plat fait maison, sans le moindre additif ni conservateur. Pour y parvenir, nous avons multiplié les essais: ajuster les recettes, doser les assaisonnements, affiner le séchage et la réhydratation. Aujourd’hui, nos plats sont préparés par un traiteur partenaire à Bruxelles, à qui nous avons transmis l’ensemble de notre méthode et dans la cuisine duquel nos propres déshydrateurs sont installés. Nous gardons ainsi la maîtrise de la qualité à chaque étape.

GUIDO: Travailler avec des ingrédients belges, c'était important pour vous?
Victor
: C’était même une évidence, et notre nom le reflète: réduire au maximum notre impact. Nous travaillons autant que possible avec des producteurs locaux et bio, comme la Ferme du Peuplier ou la coopérative Interbio. Certains ingrédients, à commencer par les épices, ne poussent évidemment pas sous nos latitudes, mais chaque fois qu’une alternative locale existe, nous la privilégions.

«Un vrai plat cuisiné, loin de l'image que l'on se fait d'un repas de randonnée»

GUIDO: Quel est le principal retour que vous obtenez de vos clients?
Victor
: Ce qui revient le plus souvent, c’est l’étonnement face au goût. Beaucoup nous disent avoir eu l’impression de savourer un vrai plat cuisiné, bien loin de l’image qu’ils se faisaient d’un repas de randonnée. La dimension bio, locale et sans additifs est également très appréciée. Ces retours sont précieux: nous recueillons systématiquement l’avis de nos clients pour continuer à affiner nos recettes.

GUIDO: Quel est le profil de vos clients? Des amateurs de randonnées et d'aventures?
Victor
: Presque exclusivement, oui. Notre clientèle rassemble des randonneurs, des trekkeurs, des bikepackers ou encore des navigateurs, bref, tous ceux qui partent en autonomie et refusent de sacrifier le plaisir de bien manger au poids de leur sac. Leur point commun: une attention réelle à ce qu’ils mettent dans leur assiette, même au milieu de nulle part.

GUIDO: Comment toute cette aventure a-t-elle commencé et quelles ont été les principales étapes à mettre en place pour la finalisation de celle-ci?
Victor
: Tout a débuté en septembre 2024, dans le cadre du master INEO. Les premiers mois ont été consacrés à la mise au point des recettes et du procédé de déshydratation, à force d’essais successifs. Sont ensuite venues nos premières ventes, lors d’événements et grâce au bouche-à-oreille: quelque 500 sachets écoulés la première année, de quoi nous confirmer l’existence d’une vraie demande. Plusieurs étapes clés ont jalonné le parcours: la création de la société, la recherche d’un partenaire de production capable d’absorber des volumes plus importants, la certification bio avec Certisys, le choix de nos emballages, l’organisation de la logistique et enfin l’arrivée dans nos premiers points de vente, en Belgique comme en France. Nous avons également eu la chance d’être soutenus par plusieurs prix et bourses: le prix Mind&Market, une bourse de la Fondation Louvain, une bourse de la Fondation pour les Générations Futures et le prix AGREEN Startup décroché à Libramont en 2025. Ces coups de pouce ont été déterminants pour financer nos premiers pas.

GUIDO: Cet esprit d'entrepreneuriat a-t-il toujours fait partie de toi?
Victor
: Totalement, oui. J’ai toujours aimé initier des projets et jouir d’une certaine liberté dans ce que j’entreprends. Mais c’est véritablement durant mes études que cette envie a pris forme: choisir le master INEO, c’était déjà faire le pari de l’aventure entrepreneuriale. Et pouvoir la conjuguer avec mes deux passions, l’outdoor et la cuisine, relevait presque de l’évidence.

«Seul, l'aventure aurait été plus lourde à porter»

GUIDO: Vous êtes trois à la tête de ce projet, quels sont les avantages et les inconvénients à faire cela en groupe?
Victor
: Le premier atout, c’est la complémentarité. Être trois permet de répartir la charge, de confronter nos points de vue et de se remobiliser mutuellement dans les moments plus difficiles. Seul, l’aventure serait bien plus lourde à porter. Le revers de la médaille, c’est que chaque décision se prend à trois: cela demande parfois un peu plus de temps et une communication sans faille pour rester alignés. Mais c’est aussi ce qui nous pousse, bien souvent, vers de meilleures décisions. Pour l’anecdote, nous ne nous connaissions pas vraiment avant INEO. Les groupes ont été constitués par la décision des professeurs, et le hasard a plutôt bien fait les choses.

GUIDO: Quelles ont été les principales embûches lors de la réalisation de ton projet?
Victor
: La plus conséquente a sans doute été le changement d’échelle: trouver un partenaire de production, lui transmettre notre méthode et garantir une qualité constante sur des volumes nettement plus importants. Vient ensuite tout le volet administratif et réglementaire, entre certification bio et normes alimentaires, particulièrement chronophage. Les emballages ont eux aussi représenté un vrai défi: concilier praticité, solidité et durabilité n’a rien d’évident. Enfin, l’accès aux rayons: convaincre des acheteurs lorsqu’on est une jeune marque demande une bonne dose de patience et de ténacité.

GUIDO: Quels conseils donnerais-tu aux jeunes entrepreneurs?
Victor
: D’abord, oser se lancer sans attendre que tout soit parfait. Confronter très tôt son produit à de vrais clients, c’est ce qui nous a le plus fait progresser. Ensuite, savoir bien s’entourer. Il y a des personnes qui veulent vraiment que votre projet décolle sans en récupérer quelque chose spécialement, ce sont ces gens-là qui vont faire en sorte que votre start-up monte en puissance. Par ailleurs, s’associer avec des profils complémentaires et cultiver une communication franche entre associés.  Enfin, s’armer de patience et de persévérance. Tout prend systématiquement plus de temps que prévu, mais chaque petite victoire mérite d’être savourée.

GUIDO: Quelle est la suite maintenant?
Victor
: Les projets ne manquent pas. Pour la saison 2027, notre gamme va évoluer et nous récupérons tous les avis clients de 2026 pour renforcer nos points forts et améliorer les défauts. Nous voulons également changer de dimension en B2B, en intégrant des enseignes outdoor de plus grande envergure, en Belgique mais aussi chez nos voisins français, néerlandais et allemands. Nous poursuivons en parallèle nos recherches sur des emballages toujours plus durables, et nous explorons de nouvelles pistes en continu. Notre ambition: faire de Lowpact une référence pour bien manger en aventure, sans jamais renier ce qui nous a animés dès le premier jour: le bio, le local et un impact aussi faible que possible.


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